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Échanger de l'argent sans être un professionnel : ce que la loi permet au citoyen et à l'association
Vendre ses affaires, le surplus du jardin, un pot de miel, un cours, l'accueil de quelqu'un sous son toit contre une part des charges ; tenir une buvette, une boutique de dons, une caisse commune. Ce dossier dit où passent les frontières du commerce et de la profession, quelles catégories non professionnelles existent et à quels seuils elles basculent. Il s'adresse à ceux qui veulent faire vivre un lieu hors de la logique commerciale, honnêtement et légalement : il ne s'agit pas d'échapper à l'impôt, mais de savoir ce qui est permis.
En bref
- Le droit français ne connaît aucun statut général de l'activité occasionnelle. Il n'y a ni « vendeur occasionnel » ni franchise des petits revenus : « tous les revenus sont imposables au premier euro », constatait le Sénat en 20171. Deux propositions d'abattement, de 5 000 € puis de 3 000 €, ont échoué (§ 7).
- La profession se reconnaît à des indices, pas à un montant. Ces indices sont l'achat pour revendre, l'habitude, l'organisation, la publicité, l'absence de facture et, pour l'artisanat, l'outillage professionnel. Aucune décision lue ne fixe un nombre de ventes2,3.
- Les seuils chiffrés sont sectoriels, et beaucoup ne sont que des seuils de déclaration. Le seuil de 30 ventes et 2 000 € décide seulement si une plateforme vous signale au fisc. Il ne vaut que pour les biens : les services et les locations sont signalés dès le premier euro4.
- Plusieurs gestes restent hors du professionnel. Donner, partager les frais d'une sortie à laquelle on prend part, vendre ses propres affaires. Sous des seuils propres à chaque cas, louer une chambre ou des objets. Un spectacle d'amateurs non payés peut vendre des billets sans plafond au regard du droit du travail5 ; la billetterie reste soumise aux règles fiscales de l'association (règle des 4 P, franchise).
- Une exonération clé expire. Les chambres louées chez soi (loyer raisonnable, ou 760 € par an) ne sont exonérées que jusqu'au 31 décembre 2026, et le projet de loi de finances pour 2027 ne prolonge pas l'exonération6,7.
- Pour un lieu, ce qui trace la limite est la réalité des activités, et la tenue des comptes qui la prouve, pas le chiffre. Chacun vend ce qui est à lui, et l'association ce que ses statuts prévoient. Personne n'achète pour revendre, et aucune somme ne paie un travail. Ce cadre ne fait donc vivre personne : un revenu régulier tiré du lieu passe par un salaire ou par un statut d'indépendant (§ 5). Les trois risques sont la société créée de fait, la gestion intéressée et le travail dissimulé déguisé en entraide (§ 6).
Avertissement. Information juridique générale à jour au 3 octobre 2026, pas un conseil : elle ne qualifie la situation de personne. Un montage réel (statuts, convention d'indivision, contrat de société en participation, règlement d'une caisse) se prépare avec un notaire ou un avocat. Ce dossier traite du citoyen et de l'association hors agriculture. Il ne reprend pas le périmètre de l'association agricole, traité dans Vendre, échanger, troquer, ni ce qui est déjà dans Fiscalité et prix libre, Sous les seuils, Aliments hors marché, Bénévolat et récolte et Association d'intérêt général bénévole : il y renvoie.
Les numéros en exposant renvoient aux sources numérotées en fin de document ; chaque source est rappelée en bas de page à sa première citation. Les termes soulignés de pointillés sont définis au lexique.
libres.actitude.org/dossiers/echanger-sans-commerce/ · version du 2026-10-03 · CC BY-NC-SA 4.0
Sommaire
- 1. Six frontières qui ne coïncident pas
- 2. Ce qui compte plus que les montants
- 2.1 Acheter pour revendre
- 2.2 L'habitude et la fréquence
- 2.3 Les moyens de production
- 2.4 La publicité et la recherche de clientèle
- 2.5 L'absence de facture
- 2.6 L'organisation, la continuité, la subordination
- 2.7 La preuve, qui pèse sur celui qui vend
- 3. Les seuils et plafonds
- 3.1 Côté citoyen
- 3.2 Côté association, hors agriculture
- 4. Fiches par famille
- 4.1 Vendre ses propres affaires
- 4.2 Vide-greniers
- 4.3 Plateformes en ligne
- 4.4 Potager, verger, basse-cour
- 4.5 Ruches et miel
- 4.6 Cueillette sauvage
- 4.7 Créations et artisanat
- 4.8 Cuisine et repas
- 4.9 Coups de main, petits travaux, chantiers
- 4.10 Cours et transmission de savoirs
- 4.11 Partager les frais
- 4.12 Héberger, louer une chambre
- 4.13 Prêter ou louer des objets et outils
- 4.14 Pratique artistique amateur
- 4.15 Dons, cagnottes, financement participatif
- 4.16 Prêter, emprunter, tontines
- 4.17 SEL, accorderies, monnaies locales
- 4.18 L'association qui vend : les règles communes
- 4.19 Boutique de dons, ressourcerie
- 4.20 Fêtes, buvettes, lotos, braderies
- 4.21 Repas, ateliers, cotisations
- 4.22 Payer quelqu'un
- 4.23 Vendre à plusieurs sans structure
- 4.24 Acheter ensemble
- 4.25 Outils et machines en commun
- 5. Cinq régimes, du tout à fait privé au professionnel
- 6. Ce qu'un lieu collectif peut combiner
- 7. Ce qui n'existe pas en France, et ce qui existe ailleurs
- 8. Ce qui change en 2026
- Ce qui reste incertain
- Lexique
- Sources
1. Six frontières qui ne coïncident pas
« Commercial » et « professionnel » ne veulent pas dire la même chose. L'artisan, l'agriculteur et la profession libérale sont des professionnels sans être commerçants : leur activité est civile. Chaque situation se lit sur six axes, auxquels s'ajoute celui du droit de la consommation.
| Axe | Qualification | Critère | Texte | Ce qu'elle déclenche |
|---|---|---|---|---|
| Commerce | Acte de commerce par nature | Achat d'un meuble pour le revendre, même isolé (1°) ; « toute entreprise de location de meubles » (4°), donc une activité organisée et répétée | C. com., L. 110-188. Code de commerce, art. L. 110-1. | Preuve libre, juge commercial (L. 721-3)99. Code de commerce, art. L. 721-3. ; pas, à lui seul, la qualité de commerçant |
| Commerce | Commerçant | Actes de commerce exercés comme « profession habituelle », en son nom et pour son compte ; aucun seuil | C. com., L. 121-11010. Code de commerce, art. L. 121-1. | Immatriculation, BIC, cotisations d'indépendant |
| Profession | Artisan | Activité « professionnelle indépendante » de la liste réglementaire, principale ou secondaire, moins de 11 salariés ; aucun seuil de chiffre d'affaires | C. artisanat, L. 111-1, qui remplace l'art. 19 de la loi n° 96-6031111. Code de l'artisanat, art. L. 111-1. | Immatriculation au RNE ; qualification obligatoire pour certains métiers |
| Profession | Exploitant agricole | Maîtrise d'un cycle biologique ; activité « civile » | C. rur., L. 311-11212. Code rural et de la pêche maritime, art. L. 311-1. | Bénéfices agricoles ; MSA au-delà de ses seuils (Sous les seuils) |
| Impôt | BIC, BNC, BA, plus-values | Les BNC ramassent « toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits » qui n'ont pas d'autre catégorie | CGI, 92 et 15613,1413. Code général des impôts, art. 92.14. Code général des impôts, art. 156. | Déclaration dès le premier euro ; régime micro, dont l'abattement est d'au moins 305 € |
| TVA | Assujetti | Activité économique indépendante ; franchise en base sous 85 000 € (ventes) ou 37 500 € (services) | CGI, 293 B1515. Code général des impôts, art. 293 B. | TVA au-delà de la franchise |
| Social | Travailleur indépendant | Services, et vente d'objets fabriqués ou achetés pour être revendus : « dès le 1er euro » selon une page d'information de l'Urssaf, non selon un texte1616. Urssaf, « Économie collaborative », mise à jour du 27 mars 2023. ; seuils chiffrés pour trois sortes de location seulement | CSS, L. 611-1, 5° à 7°1717. Code de la sécurité sociale, art. L. 611-1. | Affiliation, cotisations |
| Pénal | Travail dissimulé | Activité lucrative exercée en se soustrayant intentionnellement à l'immatriculation ou aux déclarations ; but lucratif présumé dans quatre cas | C. trav., L. 8221-3 et L. 8221-418,318. Code du travail, art. L. 8221-3.3. Code du travail, art. L. 8221-4. | 3 ans et 45 000 € (L. 8224-1) |
| Consommation | Professionnel | Agir « à des fins entrant dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole » | C. conso., article liminaire1919. Code de la consommation, article liminaire. | Garanties et information dues au consommateur ; se présenter faussement comme consommateur est une pratique trompeuse (L. 121-4, 21°)2020. Code de la consommation, art. L. 121-4. |
Il en découle trois conséquences.
- Vendre ce qu'on a fait pousser n'est jamais un acte de commerce, mais le revenu reste imposable.
- Le micro-entrepreneur artisan est un professionnel sans être commerçant.
- Une association n'est jamais commerçante. Elle peut pourtant accomplir des actes de commerce, être un professionnel face au consommateur et relever du juge commercial (§ 4.18).
Une société, enfin, est commerciale « à raison de [sa] forme et quel que soit [son] objet » si c'est une société en nom collectif, une société en commandite simple, une SARL ou une société par actions (SA, SAS, SCA)2121. Code de commerce, art. L. 210-1.. Un collectif qui cherche une forme non commerciale l'écarte d'emblée.
2. Ce qui compte plus que les montants
Aucune décision lue ne fixe un nombre de ventes, d'heures ou d'euros à partir duquel un particulier devient professionnel. Six indices décident, et ils jouent rarement seuls ; la preuve, elle, pèse sur celui qui vend (§ 2.7).
2.1 Acheter pour revendre
C'est l'indice le plus net, et le seul qui fait à lui seul un acte de commerce. En 2016, la Cour de cassation a cassé deux relaxes : « acquiert la qualité de commerçant […] quiconque, agissant en son nom et pour son propre compte, se livre de manière habituelle et professionnelle à des achats de biens meubles en vue de les revendre ». Elle a retenu des achats répétés, un stock, des factures d'achat et une subsistance tirée de la revente, sans avancer aucun chiffre22. Cass. crim., 30 mars 2016, n° 15-81.478, publié..
À l'inverse, vendre ses biens personnels n'est pas une activité : « la vente occasionnelle de biens personnels n'est pas considérée comme une activité professionnelle et à ce titre n'est pas soumise à imposition »2222. Rép. min. n° 14015, JOAN 19 août 2008, p. 7124.. La Cour de justice de l'Union européenne range le même critère parmi ceux du vendeur en ligne professionnel. Le juge doit vérifier si le vendeur « achète des biens nouveaux ou d'occasion en vue de les revendre ». Il examine aussi si la vente est « organisée », si elle a un but lucratif et si l'offre est « concentrée sur un nombre restreint de produits ». Aucun de ces critères ne suffit seul2323. CJUE, 4 oct. 2018, Kamenova, C-105/17, points 37 à 40 et dispositif..
2.2 L'habitude et la fréquence
L'habitude se retrouve dans trois définitions : celle du commerçant, celle de l'artisan (« activité professionnelle ») et celle de la présomption de but lucratif (« fréquence ou importance établie »). Le ministère en a fixé les deux bornes. D'un côté, l'acte isolé « ne présente pas » de caractère professionnel. De l'autre, « le caractère seulement périodique, quoique régulier, ou la faiblesse du revenu qui en est tiré ne supprime pas » ce caractère2424. Rép. min. n° 85331, JOAN 2 mai 2006, p. 4758..
En pratique, une fête annuelle est un acte isolé ; un étal tenu chaque samedi, même modeste, n'en est plus un. L'importance du travail compte aussi. La réfection complète d'une toiture de 60 m², présentée comme une aide amicale, a suffi à caractériser le travail dissimulé2525. Cass. crim., 10 déc. 1996, n° 96-80.608..
2.3 Les moyens de production
C'est le seul endroit où la loi fait des moyens de production un critère. Le but lucratif est présumé lorsque, « pour des activités artisanales », le travail est réalisé « avec un matériel ou un outillage présentant par sa nature ou son importance un caractère professionnel » (L. 8221-4, 4°)3. Le critère ne vaut donc que pour l'artisanat. Les juges l'ont retenu dans deux affaires :
- deux frères réparaient des voitures avec le poste à souder et le palan d'un ancien garage2626. Cass. crim., 8 févr. 2000, n° 99-82.109. ;
- un salarié élaguait le samedi chez des proches avec la nacelle de son employeur2727. Cass. crim., 7 déc. 2004, n° 04-81.728..
Aucun texte ne dit qu'une petite taille protège. L. 8221-4 dit seulement qu'un outillage professionnel fait présumer le but lucratif. Le « prix comparable au marché », souvent cité, ne figure pas dans le texte.
2.4 La publicité et la recherche de clientèle
Chercher des clients hors de son cercle est ce qui fait passer du don ou de l'échange au marché. La publicité joue à trois titres :
- c'est le premier cas de présomption du travail dissimulé (L. 8221-4, 1°) ;
- c'est un indice de lucrativité d'une association, au titre de la règle des 4 P2828. BOI-IS-CHAMP-10-50-10-20, § 100 à 750. ;
- c'est un critère de la Cour de justice, qui demande si la vente est « organisée ».
Une seule loi neutralise cet indice. Le spectacle d'amateurs reste non lucratif « y compris lorsque sa réalisation a lieu avec recours à la publicité et à l'utilisation de matériel professionnel »55. Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016, art. 32..
2.5 L'absence de facture
Le troisième cas de présomption (L. 8221-4, 3°) vise la situation où « la facturation est absente ou frauduleuse ». C'est le plus redoutable pour un particulier, qui ne facture jamais : dès qu'un service est payé, ce cas peut jouer. Il a été retenu contre des réparations payées en espèces ou par une « rétribution en nature par d'autres services rendus »26. Le troc de services n'écarte donc pas la qualification quand d'autres indices sont réunis, ici l'outillage d'un ancien garage26 ; un échange de services isolé, sans ces indices, n'a pas été jugé.
2.6 L'organisation, la continuité, la subordination
Le droit alimentaire ne vise que les entreprises, notion qui « suppose une certaine continuité des activités et un certain degré d'organisation »2929. Règlement n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires, considérant 9.. La kermesse en sort ; le marché hebdomadaire, non.
En droit du travail, l'entraide entre proches est admise si elle reste occasionnelle et spontanée, sans rémunération ni subordination. Elle cesse quand elle devient « un mode régulier de fonctionnement »3030. Cass. crim., 26 oct. 2004, n° 03-87.916. ou qu'elle s'insère dans « un ensemble organisé » nécessaire à une activité3131. Cass. 2e civ., 24 mai 2017, n° 15-27.112.. Celui qui reçoit l'aide devient alors employeur, avec le risque de dissimulation d'emploi (L. 8221-5)3232. Code du travail, art. L. 8221-5..
2.7 La preuve, qui pèse sur celui qui vend
Devant le juge de l'impôt, celui qui affirme que des crédits bancaires viennent de la vente d'objets personnels doit le prouver. Un relevé du compte de paiement n'y suffit pas3333. CAA Paris, 20 oct. 2023, n° 22PA04891..
Les chiffres que citent certaines décisions (41 annonces en dix mois3434. CAA Lyon, 13 mars 2025, n° 22LY02813., 200 ventes par mois d'objets achetés pour être revendus3535. CAA Versailles, 21 juin 2022, n° 21VE00068.) sont des faits d'espèce, pas des seuils. Il faut donc garder la trace de l'origine de ce qu'on vend et une liste datée des ventes, tenue au fil de l'eau et non reconstituée après coup, et n'acheter rien pour revendre.
Une activité non déclarée coûte plus que l'impôt éludé. La découverte d'une activité occulte entraîne une majoration de 80 % des droits (CGI, 1728)3636. Code général des impôts, art. 1728.. Le droit de reprise du fisc passe de trois à dix ans quand le contribuable n'a ni déposé ses déclarations ni fait connaître son activité au guichet des entreprises (LPF, L. 169)3737. Livre des procédures fiscales, art. L. 169.. Ce sont ces sanctions qui donnent leur poids aux indices.
3. Les seuils et plafonds
Les seuils sont publiés pour que chacun déclare juste, pas pour que l'on vise le seuil : aucun n'autorise une activité, et l'habitude peut faire basculer bien en dessous (§ 2). Chaque seuil se lit avec sa nature : un seuil de statut fait changer de régime ; un seuil d'impôt ou de cotisation fait payer ; un seuil de déclaration ne fait que transmettre une information ; un seuil de sanction borne ce qui est permis.
3.1 Côté citoyen
| Seuil | 2025 | 2026 | Nature | Texte | Au-delà |
|---|---|---|---|---|---|
| Plus-value sur un meuble (hors meubles meublants, électroménager, voitures, toujours exclus) | 5 000 € par bien | idem | impôt | CGI, 150 UA, II3838. Code général des impôts, art. 150 UA. | 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux ; abattement de 5 % par an au-delà de deux ans |
| Bijoux, objets d'art et de collection ; métaux précieux | 5 000 € par bien ; métaux : aucun | idem | impôt | CGI, 150 VI à 150 VL | taxe de 6 % du prix, 11 % pour les métaux, plus 0,5 % de CRDS (6,5 % et 11,5 %) |
| Vide-greniers pour un particulier | 2 fois par an, objets personnels et usagés | idem | statut | C. com., L. 310-2, I3939. Code de commerce, art. L. 310-2. | la limite reste dans la loi, sans délit propre ; attestation inexacte : 1 an et 15 000 € (C. pén., 441-7)4040. Code pénal, art. 441-7. |
| Signalement par une plateforme (DAC7) | moins de 30 ventes et au plus 2 000 €, par plateforme | idem | déclaration | CGI, 1649 ter C, II, 4°44. Code général des impôts, art. 1649 ter C, II, 4°. | signalé, sans effet sur l'impôt ; services et locations signalés dès la 1re opération |
| Abattement minimal des micro-régimes | 305 € | idem | impôt | CGI, 50-0 et 102 ter41,4241. Code général des impôts, art. 50-0.42. Code général des impôts, art. 102 ter. | aucun impôt sous 305 € de recettes, mais déclaration |
| Micro-BIC, meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 15 000 € | impôt | CGI, 50-0, 1° bis41 ; BOFiP4343. BOI-BAREME-000044, seuils des régimes d'imposition BA, BIC, BNC. | régime réel |
| Micro-BNC, micro-BIC services / ventes | 77 700 € / 188 700 € | 83 600 € / 203 100 € (seuils des années 2026 à 2028, incorporés au CGI par le décret n° 2026-562) | impôt | mêmes articles ; BOFiP43 | régime réel |
| Franchise en base de TVA | ventes 85 000 € ; services 37 500 € (année précédente ; 93 500 € et 41 250 € pour l'année en cours) | idem | impôt | CGI, 293 B15 | TVA |
| Jardin hors bénéfices agricoles | moins de 5 ares, attenant à la maison du même propriétaire | idem | impôt (tolérance) | BOFiP4444. BOI-BA-CHAMP-10-10-10-20220406, § 10 et 20. | micro-BA : abattement de 87 %, au moins 305 €4545. Code général des impôts, art. 64 bis. |
| Cotisant de solidarité MSA | ¼ de SMA ou 150 h ; loisir privé exclu | idem | cotisation | C. rur., D. 731-344646. Code rural et de la pêche maritime, art. D. 731-34. | cotisation de solidarité |
| Chef d'exploitation, critère de revenu | 800 SMIC horaires : 9 504 € | 9 616 € | statut | C. rur., L. 722-5, I, 3°, et D. 722-847,4847. Code rural et de la pêche maritime, art. L. 722-5.48. Code rural et de la pêche maritime, art. D. 722-8. | affiliation MSA |
| Miel en remise directe | 30 ruches | idem | sanitaire | arrêté du 18 déc. 20094949. Arrêté du 18 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux produits d'origine animale, annexe III. | règlement 852/2004 entier |
| Ruches et MSA | 50 ruches (¼ SMA) ; 200 (SMA) | idem | cotisation, statut | rép. min. n° 14015050. Rép. min. n° 1401, JOAN 31 oct. 2017, p. 5291. | — |
| Cueillette en forêt sans autorisation | moins de 10 l : contravention ; au-delà, ou truffes : vol ; bois relevant du régime forestier : 5 l présumés, sauf réglementation contraire | idem | sanction | C. for., R. 163-5 et L. 163-1151,5251. Code forestier, art. R. 163-5.52. Code forestier, art. L. 163-11. | — |
| Plantes médicinales vendues hors pharmacie | 148 plantes, dans la partie et la forme listées | idem | sanction | CSP, D. 4211-115353. Code de la santé publique, art. D. 4211-11. | exercice illégal de la pharmacie |
| Chambre louée chez soi à un résident principal | loyer ≤ 213 / 157 €/m²/an | ≤ 215 / 159 €/m²/an (Île-de-France / ailleurs) | impôt | CGI, 35 bis, I ; BOFiP6,546. Code général des impôts, art. 35 bis.54. BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 160 à 230. | BIC ; fin le 31 déc. 2026 |
| Pièces de sa résidence louées au public | 760 € TTC | idem | impôt | CGI, 35 bis, II | imposition de la totalité ; fin le 31 déc. 2026 |
| Chambres d'hôtes : affiliation | revenu > 6 123 € (13 % du PASS) | > 6 247,80 € | cotisation | CSS, L. 611-1, 5° ; D. 611-117,5555. Code de la sécurité sociale, art. D. 611-1. | indépendant, sans option |
| Chambres d'hôtes : définition | 5 chambres, 15 personnes | idem | statut | C. tourisme, D. 324-135656. Code du tourisme, art. D. 324-13. | réglementation hôtelière |
| Meublé de courte durée : affiliation | recettes > 23 000 € | idem | cotisation | CSS, L. 611-1, 6° | indépendant, ou option pour le régime général |
| Location de biens meubles : affiliation | recettes > 9 420 € (20 % du PASS) | > 9 612 € | cotisation | CSS, L. 611-1, 7° | idem |
| Cours ponctuel déclaré par celui qui le reçoit | 3 h par semaine chez un même particulier | idem | statut | CSS, L. 133-5-6, 8° ; D. 133-13-1957,5857. Code de la sécurité sociale, art. L. 133-5-6.58. Code de la sécurité sociale, art. D. 133-13-19. | salariat ou activité indépendante |
| Artiste-auteur | cotisations dès le premier euro | idem | cotisation | CSS, L. 382-35959. Code de la sécurité sociale, art. L. 382-3. | — |
| Prêt entre particuliers | déclaration 2062 au-delà de 5 000 € ; écrit au-delà de 1 500 € | idem | déclaration | CGI ann. III, 49 B ; C. civ., 1359 | amende de 150 € |
| Don entre non-parents | 60 %, aucun abattement | idem | impôt | CGI, 7776060. Code général des impôts, art. 777. | dû s'il est déclaré ou révélé (CGI, 757)6161. Code général des impôts, art. 757. |
| Financement participatif reçu par un particulier | dons ; prêts gratuits ≤ 5 000 € par prêteur et par projet | idem | statut | CMF, L. 548-1 et D. 548-162,6362. Code monétaire et financier, art. L. 548-1.63. Code monétaire et financier, art. D. 548-1. | prêt avec intérêts fermé au particulier, sauf pour financer une formation (2 000 € par prêteur) |
| Spectacle d'amateurs non payés | aucun plafond de recettes ni de représentations | idem | statut | loi n° 2016-925, art. 325 | un artiste payé : 6 représentations par an sans déclaration6464. Code du travail, art. L. 7122-19. |
Les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du patrimoine et de placement passent de 17,2 % à 18,6 % avec la CSG portée à 10,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403, art. 12) : dès les revenus de 2025 pour les revenus du patrimoine, comme la location meublée non professionnelle ; pour les revenus de 2026 pour les produits de placement. Restent à 9,2 % de CSG (L. 136-8, IV) les revenus fonciers, les plus-values des articles 150 U à 150 UC du CGI, dont celles de meubles, et plusieurs produits d'épargne, dont l'épargne logement65,6665. Code de la sécurité sociale, art. L. 136-8.66. Service-public.fr, fiche F2329, « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements »..
3.2 Côté association, hors agriculture
Le tableau propre à l'association agricole est dans Vendre, échanger, troquer, § 3. Hors agriculture, il faut y ajouter les seuils suivants.
| Seuil | 2025 | 2026 | Nature | Texte | Au-delà |
|---|---|---|---|---|---|
| Franchise des recettes lucratives accessoires (TVA) | 80 011 € | 81 051 € | impôt | CGI, 261-7-1° b6767. Code général des impôts, art. 261, 7-1° a à d. ; BOFiP6868. BOFiP, actualité ACTU-2025-00045 du 16 avr. 2025, « Franchise des impôts commerciaux - Mise à jour du montant de la franchise ». | TVA dès le 1er du mois suivant |
| Même franchise (IS) | 81 051 € pour les exercices clos dès le 31 déc. 2025 (80 011 € pour ceux clos en 2024) | exercices clos dès le 31 déc. 2026 : montant non publié | impôt | CGI, 206-1 bis ; BOFiP6969. BOI-IS-CHAMP-10-50-20-20, § 1 à 410. | IS dès le 1er janvier |
| Manifestations de soutien exonérées | 6 par an | idem | impôt | CGI, 261-7-1° c ; BOFiP7070. BOI-TVA-CHAMP-30-10-30-10, § 70 à 160 et 490 à 630. | la 7e entre dans la franchise |
| Buvettes temporaires | 5 autorisations par an ; boissons des groupes 1 et 3 | idem | autorisation | CSP, L. 3334-27171. Code de la santé publique, art. L. 3334-2. | débit sans autorisation |
| Braderie (vente au déballage) | 2 mois par an et par lieu | idem | statut | C. com., L. 310-2 | — |
| Ventes aux membres exonérées de TVA | 10 % des recettes ; jamais l'hébergement, la restauration ni le bar, sauf au titre des six manifestations ou du b | idem | impôt | CGI, 261-7-1° a | ventes taxables |
| Lotos traditionnels | mises < 20 €, cercle restreint, aucun lot en argent | idem | sanction | C. sécu. int., L. 322-4 | jeu d'argent prohibé |
| Rémunération d'un dirigeant, tolérance des ¾ du SMIC brut mensuel | 1 351,35 € | 1 367,27 € (janv.-mai) ; 1 400,27 € (depuis juin) | impôt (tolérance) | BOFiP28,7272. Gouvernement, « Le SMIC revalorisé le 1er juin 2026 », 18 mai 2026. | gestion intéressée |
| Dirigeants rémunérés, régime légal | 1, 2 ou 3 au-delà de 200 000, 500 000 et 1 000 000 € de ressources ; plafond de 3 PASS : 141 300 € | 144 180 € | impôt | CGI, 261-7-1° d | gestion intéressée |
| Représentations avec un artiste payé, sans déclaration d'entrepreneur de spectacles | 6 par an | idem | déclaration | C. trav., L. 7122-19 et R. 7122-13 | amende administrative de 7 500 € au plus pour une personne morale, 1 500 € pour une personne physique (C. trav., L. 7122-16)7373. Code du travail, art. L. 7122-16. |
| Appel public à la générosité | 153 000 € collectés | idem | déclaration | loi n° 91-772, art. 3 ; guide DJEPVA7474. DJEPVA, L'appel à la générosité du public. Notions et procédure, octobre 2024. | déclaration au préfet, compte d'emploi |
| Part de recettes lucratives compatible | aucun pourcentage | idem | impôt | BOFiP | sectorisation |
4. Fiches par famille
Même gabarit pour toutes : ce qui est permis, jusqu'où, ce qui fait basculer, la pièce à tenir. Fiches 4.1 à 4.17 : le citoyen ; 4.18 à 4.25 : l'association et le collectif.
4.1 Vendre ses propres affaires
- Permis : vendre ce qu'on a acheté pour soi, reçu ou hérité ; la loi ne fixe aucun nombre, mais une vente organisée et répétée tombe sous les indices du § 223. Ce n'est pas un acte de commerce22.
- Jusqu'où : la plus-value est exonérée jusqu'à 5 000 € par objet. Les meubles meublants, l'électroménager et les voitures sont toujours exclus du régime des plus-values38.
- Bascule : racheter pour revendre, constituer un stock, ou vendre des objets de valeur sans pouvoir prouver leur origine.
- À tenir : l'origine des objets et la liste de ce qui est vendu.
4.2 Vide-greniers
- Permis : le particulier y vend des objets personnels et usagés, deux fois par an au plus. L'organisateur n'a plus de déclaration préalable à faire en mairie depuis la loi n° 2026-40339,7575. Service-public Entreprendre, actualité A18948, 10 juin 2026.. L'article R. 310-8, qui organisait cette déclaration, et la contravention de l'article R. 310-19, 3° figurent pourtant encore en vigueur dans la version consolidée du 1er septembre 202676,7776. Code de commerce, art. R. 310-8.77. Code de commerce, art. R. 310-19. ; leur sort reste à vérifier.
- Jusqu'où : la limite de deux fois par an reste dans la loi. La dépasser n'est plus un délit propre, mais rend fausse l'attestation remise à l'organisateur (1 an et 15 000 €)40 et nourrit l'indice d'habitude (§ 2.2).
- Bascule : vendre des objets neufs ou des objets achetés pour être revendus. On entre alors dans le statut de revendeur, avec le registre de police, que doit tenir même un brocanteur non immatriculé78,7978. Code pénal, art. 321-7.79. Cass. crim., 3 oct. 2006, n° 05-87.436..
- À tenir : l'attestation sur l'honneur remise à l'organisateur. Celui-ci tient le registre des vendeurs et le dépose en mairie dans les huit jours8080. Code pénal, art. R. 321-9 et R. 321-10..
4.3 Plateformes en ligne
- Permis : vendre ses biens en ligne comme ailleurs. La plateforme est seule tenue de transmettre ses données au fisc (DAC7) ; la vente faite ailleurs obéit aux mêmes règles d'impôt4.
- Jusqu'où : il n'y a aucun plafond de vente. Le seuil de 30 ventes et de 2 000 €, apprécié par plateforme, ne règle que la transmission automatique au fisc ; les services et les locations sont transmis dès la première opération. Ce seuil ne dit rien de ce qui est imposable, et le fisc peut obtenir les données d'une plateforme par d'autres voies. Le BOFiP en donne trois exemples : 15 ventes pour 1 600 € ne sont pas signalées ; 28 ventes pour 5 600 € ou 33 ventes pour 1 900 € le sont8181. BOI-INT-AEA-30-10, § 310..
- Bascule : être signalé ne rend pas imposable, et ne pas l'être ne rend pas exonéré. Le juge regarde l'organisation de la vente et les achats faits pour revendre23.
- À tenir : les annonces et l'origine des objets.
4.4 Potager, verger, basse-cour
- Permis : vendre ou troquer le surplus de sa propre production, qui est une activité civile12.
- Jusqu'où : sur le plan fiscal, ces ventes relèvent en principe des bénéfices agricoles. La seule exception est le jardin de moins de 5 ares attenant à la maison du même propriétaire44. En micro-BA, 1 000 € de recettes moyennes donnent 130 € imposables45. Côté MSA, rien n'est dû sous le quart de SMA, et le loisir privé est exclu même au-dessus46.
- Bascule : revendre la production d'un voisin ; vendre chaque semaine sur un marché. La loi n'exige pas en tant que tel un statut de producteur pour vendre sur un marché ; les règlements de marché, si. Mais un étal hebdomadaire est l'indice d'habitude par excellence (§ 2.2). Les jardins ouvriers et familiaux excluent « tout usage commercial »8282. Code rural et de la pêche maritime, art. L. 561-1..
- À tenir : les recettes portées sur la déclaration de revenus ; pour les œufs, le registre de remise directe (Aliments hors marché).
4.5 Ruches et miel
- Permis : vendre son miel, qui relève des bénéfices agricoles et non du commerce.
- Jusqu'où : la déclaration des ruches est due dès la première colonie, chaque année, du 1er septembre au 31 décembre. La remise directe du miel est possible jusqu'à la production de 30 ruches49. La MSA commence à 50 ruches50. L'ancien forfait fiscal par ruche a disparu : l'impôt se calcule sur les recettes, en micro-BA.
- Bascule : acheter du miel pour le revendre.
- À tenir : la déclaration annuelle des ruches et le relevé des recettes.
4.6 Cueillette sauvage
- Permis : vendre ce qu'on avait le droit de prendre, sur son propre terrain ou avec l'accord du propriétaire.
- Jusqu'où : dans les bois et forêts relevant du régime forestier, et sauf réglementation contraire, l'autorisation de cueillir est présumée jusqu'à 5 litres, mais elle ne vaut pas autorisation de vendre51. Deux limites s'ajoutent : les espèces protégées, et les plantes médicinales hors des 148 plantes libérées53.
- Bascule : une allégation de soin sur l'étiquette. Elle fait de la plante un médicament « par présentation »8383. Cass. crim., 30 janv. 2018, n° 16-86.702..
- À tenir : l'accord du propriétaire ; le nom de la plante, sans promesse de guérison.
4.7 Créations et artisanat
- Permis : vendre de temps en temps ce qu'on a fabriqué. L'acte isolé n'est pas professionnel24.
- Jusqu'où : la loi ne fixe aucun seuil. L'œuvre originale (tableau, sculpture, tapisserie jusqu'à 8 exemplaires) relève du régime des artistes-auteurs, avec des cotisations dès le premier euro59. L'objet utilitaire et le bijou, même en pièce unique, relèvent de l'artisanat8484. Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Les activités du champ des arts graphiques et plastiques », mise à jour du 18 janv. 2023..
- Bascule : une présence régulière sur les marchés. Pour l'Urssaf, fabriquer des objets « spécifiquement en vue de les revendre », bijoux ou objets de décoration, est une activité professionnelle à déclarer « dès le 1er euro »16. La dérogation des vide-greniers ne couvre pas les créations neuves. Écrire « artisan » sur son stand sans en avoir la qualité est puni de 7 500 € d'amende8585. Code de l'artisanat, art. L. 241-2..
- À tenir : si l'on donne ses créations à une association qui les vend lors d'une vente de charité, c'est elle qui vend, sous son propre régime70.
4.8 Cuisine et repas
- Permis : les gâteaux de la kermesse et le repas de quartier, qui restent hors de la notion d'entreprise alimentaire29. Le repas partagé chez soi, quand l'hôte mange avec ses convives et paie sa part des ingrédients8686. BOI-IR-BASE-10-10-10-10, § 40 à 130..
- Jusqu'où : tant que l'activité reste occasionnelle.
- Bascule : une vente régulière. Elle impose la déclaration sanitaire de l'établissement si les plats contiennent des produits animaux. Pour la pâtisserie fraîche, elle impose aussi une qualification professionnelle, « quels que soient le statut juridique et les caractéristiques de l'entreprise » ; l'exercer sans elle, à titre indépendant, coûte 7 500 € d'amende8787. Code de l'artisanat, art. L. 121-1, 7°, et L. 151-2..
- À tenir : rien pour l'occasionnel ; pour le régulier, voir Aliments hors marché.
4.9 Coups de main, petits travaux, chantiers
- Permis : l'aide gratuite. Le droit civil y voit une convention d'assistance bénévole, aussi bien quand l'aide est offerte que quand elle est sollicitée8888. Cass. 1re civ., 18 janv. 2023, n° 20-18.114.. Celui qui est aidé doit réparer les dommages corporels de celui qui l'aide8989. Cass. 1re civ., 28 févr. 2024, n° 22-24.025..
- Jusqu'où : une aide occasionnelle et spontanée. Le chantier participatif ouvert par annonce à des personnes extérieures au cercle n'est plus spontané : il réunit publicité et organisation (§ 2.4 et 2.6).
- Bascule : un paiement, même en services rendus en retour26 ; la répétition ; l'importance du chantier25. Une aide qui n'est pas du travail dissimulé peut encore devoir être déclarée à l'organisme qui verse une allocation9090. Cass. crim., 13 janv. 2009, n° 08-80.760..
- À tenir : une assurance qui couvre l'aide reçue (Accident et assurance). L'aide gratuite n'appelle aucun statut ; si l'on choisit de payer quelqu'un, la voie légale est le Cesu : le particulier employeur agit « sans poursuivre de but lucratif »9191. Code du travail, art. L. 7221-1..
4.10 Cours et transmission de savoirs
- Permis : transmettre gratuitement, sans aucune formalité ; donner un cours payé de temps en temps. Les recettes se déclarent en BNC non professionnels, sans immatriculation. Sous 305 € de recettes, il n'y a pas d'impôt9292. DGFiP, fiche « Je propose un service contre rémunération »..
- Jusqu'où : l'Urssaf tient le service payé pour professionnel, à déclarer « dès le 1er euro »16. Les deux administrations ne disent pas la même chose, et la position du fisc ne protège pas face à l'Urssaf : déclarer en BNC ne vaut pas déclaration sociale, et le travail dissimulé est un délit (L. 8221-3)18. En TVA, les cours dispensés par une personne physique rémunérée directement par ses élèves sont exonérés (CGI, 261-4-4° b)9393. Code général des impôts, art. 261, 4-4° b..
- Bascule : la publicité, un tarif, des élèves réguliers.
- À tenir : depuis fin 2023, celui qui reçoit le cours peut le déclarer lui-même dans la limite de 3 heures par semaine57,58. Voir « Ce qui reste incertain ».
4.11 Partager les frais
- Permis : la co-consommation. Le covoiturage est défini par la loi comme non onéreux, « excepté le partage des frais »9494. Code des transports, art. L. 3132-1.. La sortie en bateau ou le repas partagé relèvent de la même logique86.
- Jusqu'où : trois conditions cumulatives. Celui qui propose doit participer lui-même, les sommes ne doivent pas dépasser les coûts directs, et il paie sa propre part.
- Bascule : un excédent, qui est « imposable au premier euro ». La location d'un élément de son patrimoine, comme sa voiture ou son logement, est exclue de la tolérance. Les personnes morales en sont aussi exclues.
- À tenir : le décompte des frais réels, montré aux participants au moment du partage et non après.
4.12 Héberger, louer une chambre
- Permis : loger quelqu'un contre une participation à ses charges réelles. C'est un prêt à usage, pas une location, faute de « prix sérieux »95,9695. CA Grenoble, 2 avr. 2024, n° 22/04602.96. CA Riom, 11 juin 2024, n° 22/01848..
- Jusqu'où : une chambre louée à quelqu'un qui en fait sa résidence principale, à loyer raisonnable, est exonérée d'impôt ; des pièces louées au public le sont jusqu'à 760 € par an. Les deux exonérations s'arrêtent au 31 décembre 20266. Les chambres d'hôtes sont limitées à 5 chambres et 15 personnes, avec déclaration en mairie56.
- Bascule : un loyer proche de la valeur locative fait une location ; un logement ou des repas fournis contre du travail font un salaire en nature (Bénévolat et récolte).
- À tenir : un écrit qui énumère les charges. Pour l'habitat léger, voir Habitat et urbanisme.
4.13 Prêter ou louer des objets et outils
- Permis : le prêt gratuit, qui est un prêt à usage9797. Code civil, art. 1876..
- Jusqu'où : la location d'objets par une personne physique est imposable : en BIC si elle est habituelle, en BNC si elle est occasionnelle9898. Rép. min. n° 52946, JOAN 24 mai 2016, p. 4505.. L'affiliation sociale n'intervient qu'au-delà de 9 612 € de recettes en 202617.
- Bascule : un tarif par objet ou par durée, une publicité, une « entreprise » de location, qui est un acte de commerce8.
- À tenir : la liste des prêts et des locations.
4.14 Pratique artistique amateur
- Permis : jouer sans être payé, avec une billetterie payante, au profit des activités du groupement5.
- Jusqu'où : il n'y a pas de plafond de recettes ni de représentations. Le régime des entrepreneurs de spectacles ne s'applique que si un artiste est payé9999. Code du travail, art. L. 7122-1..
- Bascule : payer un amateur. Il devient alors salarié présumé, « quels que soient le mode et le montant de la rémunération »100100. Code du travail, art. L. 7121-3 et L. 7121-4., et c'est l'organisateur qui est l'employeur101101. Cass. soc., 4 janv. 1990, n° 86-45.681.. Seuls les frais justifiés se remboursent.
- À tenir : les justificatifs des frais. Si un artiste est payé, la déclaration au Guso102102. Guso, brochure, février 2025..
4.15 Dons, cagnottes, financement participatif
- Permis : donner et recevoir. Le don manuel n'est ni une vente ni un revenu. Le présent d'usage (anniversaire, mariage) échappe aux règles des donations103103. Cass. 1re civ., 6 déc. 1988, n° 87-15.083..
- Jusqu'où : entre personnes qui ne sont pas parentes, un don déclaré ou révélé est taxé à 60 %, sans abattement60,61. La jurisprudence exige que la révélation vienne du donataire104104. Cass. com., 16 avr. 2013, n° 12-17.414. ; mais l'administration tient désormais la déclaration en ligne pour obligatoire105105. DGFiP, « Dons entre particuliers., et un don non déclaré n'est pas un don à l'abri. Par une plateforme, un particulier ne peut recevoir que des dons et des prêts sans intérêts62.
- Bascule : un contre-don dont la valeur approche le versement. C'est une vente pour cette part106106. Code civil, art. 1107.. Une cagnotte n'a aucun régime propre. Le fisc peut demander l'origine des fonds quand les crédits bancaires atteignent le double des revenus déclarés ; dire que les fonds viennent de dons vaut alors révélation et déclenche les droits107,108107. Livre des procédures fiscales, art. L. 16.108. BOI-ENR-DMTG-20-10-20-10, § 30 et 60. ; ne pas répondre expose à la taxation d'office (LPF, L. 69)109109. Livre des procédures fiscales, art. L. 69..
- À tenir : la déclaration en ligne du don, obligatoire selon l'administration depuis 2026105 ; l'objet de la cagnotte et la trace de sa redistribution.
4.16 Prêter, emprunter, tontines
- Permis : prêter de l'argent à un proche, même plusieurs fois, sans faire d'opération de banque110110. CA Aix-en-Provence, 4 sept. 2024, n° 20/06528..
- Jusqu'où : le prêt doit être écrit au-delà de 1 500 € et déclaré au-delà de 5 000 €. Les intérêts sont imposables à 12,8 %, plus les prélèvements sociaux.
- Bascule : prêter « à titre habituel » est un délit, puni de 3 ans et 375 000 € (CMF, L. 571-3)111,112111. Code monétaire et financier, art. L. 511-5.112. Code monétaire et financier, art. L. 571-3., même si le prêt n'est pas annulé pour autant113113. Cass. com., 15 juin 2022, n° 20-22.160, publié.. Une caisse qui reçoit des dépôts remboursables pour les reprêter entre dans le monopole bancaire. La tontine du Code des assurances (200 membres au moins) n'a rien à voir avec une tontine entre amis, que ni texte ni décision ne qualifient.
- À tenir : la reconnaissance de dette ; pour une caisse commune, voir Association d'intérêt général bénévole, § 2.7.
4.17 SEL, accorderies, monnaies locales
- Permis : les services que se rendent entre eux les adhérents d'un SEL sont « des actes privés régis uniquement par le code civil »114114. Rép. min. n° 10085, JOAN 6 juill. 1998, p. 3751..
- Jusqu'où : tant que l'activité n'atteint pas « une certaine importance et une certaine fréquence »115115. Rép. min. n° 9015, JOAN 6 avr. 1998, p. 1967..
- Bascule : des échanges habituels « dans des conditions proches de celles du marché » ; une structure qui obtient du travail contre des heures, comme l'accorderie dont la règle est « pas de bénévolat ». Un revenu perçu en monnaie locale s'impose comme un revenu en euros, puisque ce titre est échangeable à parité116116. Rép. min. n° 4540, JOAN 13 mars 2018, p. 2117..
- À tenir : le relevé des échanges. Côté association, voir Vendre, échanger, troquer.
4.18 L'association qui vend : les règles communes
- Permis : vendre et rendre des services, à condition que les statuts le prévoient si c'est habituel117117. Code de commerce, art. L. 442-10..
- Jusqu'où : une association n'est jamais commerçante118118. CA Rennes, 3 sept. 2024, n° 24/00732.. Elle n'est immatriculée ni au RCS ni au RNE.
- Bascule : des actes de commerce habituels la font relever du juge commercial9. Un commerçant concurrent peut agir en concurrence déloyale (C. civ., 1240)119119. Code civil, art. 1240. ou invoquer l'interdiction faite aux associations de vendre habituellement hors de leurs statuts (C. com., L. 442-10)117, même sans redressement fiscal. Face au consommateur, elle est un professionnel, « peu important le caractère lucratif ou non de son activité »120120. Cass. com., 28 sept. 2022, n° 21-12.501..
- À tenir : les statuts à jour, et des comptes qui séparent ce qui est lucratif du reste.
4.19 Boutique de dons, ressourcerie
- Permis : revendre des objets reçus en don. Ce n'est pas un achat pour revendre. Cette revente n'est pas lucrative si elle se fait « dans des conditions différentes de celles des entreprises commerciales »121121. Rép. min. n° 7570, JOAN 25 janv. 2005, p. 777..
- Jusqu'où : jusqu'à la franchise de 81 051 € si l'activité est lucrative et accessoire, ce qui suppose que les activités non lucratives de l'association restent « significativement prépondérantes »28. Une association dont la boutique est l'activité principale ne peut pas s'en prévaloir.
- Bascule : des prix alignés sur ceux des dépôts-ventes, une publicité payante, des achats de stock. Si l'activité devient taxable, la TVA porte sur tout le prix122122. Rép. min. n° 51127, JOAN 2 avr. 2001, p. 1956.. Qu'une telle boutique doive tenir le registre de police n'a pas été jugé.
- À tenir : la preuve que les objets sont des dons : un cahier de dépôt daté, tenu par ceux qui reçoivent les objets. Voir la fiche Emmaüs Neuilly-Plaisance.
4.20 Fêtes, buvettes, lotos, braderies
- Permis : six manifestations de soutien exonérées par an. Une fête groupée sur un week-end ne compte que pour une70.
- Jusqu'où : trois compteurs distincts, à suivre chacun à part : 6 fêtes pour l'impôt, 5 buvettes pour l'alcool71, 2 mois de déballage par lieu.
- Bascule : une fête devenue mensuelle n'est plus exceptionnelle. Les exposants qui vendent pour leur compte relèvent de leur propre régime. Un loto ouvert à tous par voie de presse n'est pas traditionnel123123. Cass. crim., 3 déc. 2014, n° 13-81.393..
- À tenir : un registre des manifestations, les autorisations de buvette et, pour chaque fête, un comptage de caisse fait à deux et noté le jour même.
4.21 Repas, ateliers, cotisations
- Permis : des ateliers éducatifs ou culturels pour les membres, exonérés de TVA. Le membre est un adhérent d'au moins un an, avec droit de vote70.
- Jusqu'où : la restauration et le bar ne sont jamais exonérés au titre des services rendus aux membres. Pour le public, la règle des 4 P s'applique, puis la franchise.
- Bascule : une cotisation modulée selon le service reçu, qui est présumée en être le prix124124. BOI-TVA-CHAMP-10-10-10, § 130 et 140. ; une « adhésion à prix libre » prise à l'entrée, qui ne fait pas des participants des membres.
- À tenir : une cotisation unique, et des prix affichés à part ; si le prix est libre, voir Fiscalité et prix libre.
4.22 Payer quelqu'un
- Permis : un dirigeant rémunéré au plus aux trois quarts du SMIC brut mensuel (1 400,27 € par mois depuis juin 2026)72 ; des artistes payés par le Guso ; un particulier employeur aidé par une association mandataire.
- Jusqu'où : 6 représentations par an avec un artiste payé, sans déclaration d'entrepreneur de spectacles ; au-delà, voir le tableau 3.2.
- Bascule : un avantage indirect suffit à rendre la gestion intéressée, par exemple un président qui développe auprès de l'association sa clientèle de professeur125125. CAA Lyon, 12 janv. 2023, n° 21LY02949.. La tolérance fiscale ne déclenche pas à elle seule l'affiliation au régime général126126. Cass. 2e civ., 9 juill. 2020, n° 19-14.924.. En revanche, un travail sous autorité fait un salarié.
- À tenir : les frais remboursés sur justificatifs. Aucune indemnité forfaitaire pour un bénévole (Bénévolat et récolte).
4.23 Vendre à plusieurs sans structure
- Permis : des indivisaires vendent les fruits de leur bien commun. Ces fruits « accroissent à l'indivision », et chacun a droit aux bénéfices et supporte les pertes en proportion de ses droits127127. Code civil, art. 815-10.. La société en participation, qui n'est ni immatriculée ni publiée, peut aussi écrire un partage128128. Code civil, art. 1871..
- Jusqu'où : l'indivision ne couvre que les biens indivis et leurs fruits. La société en participation est transparente sur le plan fiscal, mais exclue des régimes micro41.
- Bascule : la société créée de fait, qui suppose des apports, une intention de collaborer à égalité et un partage des bénéfices et des pertes129129. Cass. com., 23 juin 2004, n° 01-10.106, publié.. La vie commune ne suffit pas à la créer130130. Cass. 1re civ., 12 mai 2004, n° 01-03.909, publié.. Si l'objet est commercial, les associés qui agissent ouvertement comme tels répondent solidairement131131. Code civil, art. 1872-1..
- À tenir : qui signe engage seul132132. Cass. 3e civ., 24 nov. 2021, n° 20-20.464.. Une convention écrite, qui prévoit aussi le départ d'un indivisaire et le sort de sa part.
4.24 Acheter ensemble
- Permis : un coordinateur qui commande au nom de chacun. C'est un mandat, gratuit, avec remboursement des frais réels.
- Jusqu'où : la revente à prix coûtant n'a pas été jugée.
- Bascule : acheter en son nom pour revendre, ce qui est un acte de commerce ; ajouter une marge. À partir de sept personnes, le BOFiP voit une coopérative de consommation obligatoire133133. BOI-IS-CHAMP-10-20-20, § 40 et 50.. L'administration tient l'AMAP pour lucrative « quels que soient [sa] taille et le montant de [ses] recettes », même si le vendeur est le paysan134134. Rép. min. n° 740, JOAN 9 avr. 2013, p. 3858..
- À tenir : des factures au nom de chaque membre.
4.25 Outils et machines en commun
- Permis : l'outilthèque qui prête gratuitement.
- Jusqu'où : la CUMA est réservée aux agriculteurs et aux personnes qui ont des intérêts agricoles ; des tiers peuvent en utiliser les services dans la limite de 20 % du chiffre d'affaires135135. Code rural et de la pêche maritime, art. L. 522-5.. L'entraide agricole, gratuite et non salariale par la loi, n'existe que pour les agriculteurs136136. Code rural et de la pêche maritime, art. L. 325-1..
- Bascule : un tarif d'usage fait de l'outilthèque une prestation, soumise à la règle des 4 P.
- À tenir : un règlement de prêt sans tarif par objet.
5. Cinq régimes, du tout à fait privé au professionnel
Les paliers mélangent à dessein plusieurs axes : un palier 3 artisanal est professionnel sans être commercial. Les montants donnés pour chaque palier sont des seuils d'impôt, de cotisation ou de déclaration : aucun n'autorise une activité, et l'habitude peut faire basculer bien en dessous (§ 2). Avant le palier 3, aucune voie ne permet de vivre de son travail. Les paliers 1 et 2 laissent des revenus d'appoint, et seule la location d'un bien (meublé de courte durée) va au-delà, comme une rente. Le seul revenu régulier qui ne passe pas par un statut d'indépendant est un salaire : Cesu, Guso, ou dirigeant payé au plus aux trois quarts du SMIC.
| Palier | Ce qu'on y fait | Formalité | Seuils chiffrés qui s'y attachent (aucun n'est une autorisation) | Risque principal |
|---|---|---|---|---|
| 0. Donner, prêter, partager les frais | dons, prêt d'outils, covoiturage, repas partagé | aucune | aucune somme au-delà des coûts directs | contrepartie qui fait du don une vente ou un salaire ; don révélé, taxé à 60 % entre non-parents |
| 1. Vendre ce qui est à soi | grenier, objets hérités, deux vide-greniers, une chambre (jusqu'en 2026) | aucune ; garder la trace de l'origine | sans limite de nombre ; 5 000 € par objet ; 760 € par an de chambres au public | achat pour revendre |
| 2. Revenus accessoires déclarés sans statut | surplus du jardin, miel, cours occasionnel, location d'objets, meublé de courte durée | ligne de la 2042-C-PRO ou micro-BA | aucun impôt sous 305 € de recettes par an (environ 25 € par mois) ; pas d'affiliation sous 9 612 € (objets), 23 000 € (meublé de courte durée), 6 247,80 € de revenu (chambres d'hôtes) ; micro-BIC limité à 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé ; cours de 3 h par semaine via Cesu (mise en service non vérifiée) | services : déclaration « dès le 1er euro » selon l'Urssaf ; présomption de L. 8221-4 |
| 3. Indépendant déclaré : on sort du non-professionnel | micro-entreprise, artiste-auteur, cotisant de solidarité | immatriculation ou affiliation | micro jusqu'à 83 600 € (services) et 203 100 € (ventes) de 2026 à 2028 ; franchise de TVA jusqu'à 37 500 € et 85 000 € | qualification obligatoire (pâtisserie, bâtiment) ; cotisations |
| 4. Profession | commerçant, artisan, chef d'exploitation | régime réel possible | sans plafond | hors du champ de ce dossier ; dans un lieu collectif, l'activité doit être séparée de celles des associations (§ 6) |
L'association a sa propre échelle : cotisations et dons ; puis six fêtes et cinq buvettes ; puis des recettes lucratives accessoires sous 81 051 €, si les activités non lucratives restent « significativement prépondérantes » ; enfin la sectorisation et les impôts commerciaux, sans perdre le statut de 1901, mais avec, pour la part lucrative, les impôts d'une entreprise et des effets sur les reçus de dons (Association d'intérêt général bénévole)28.
6. Ce qu'un lieu collectif peut combiner
Un lieu réunit trois sortes d'acteurs, chacun avec ses propres règles :
- des habitants, qui restent chacun un citoyen ;
- une ou plusieurs associations ;
- un collectif de fait, qui n'a pas la personnalité morale.
Dans le montage à trois parties, s'y ajoute un fonds de dotation, qui ne reçoit rien des ventes (Vendre, échanger, troquer, § 8). La règle qui tient l'ensemble est simple : chaque somme a un seul titulaire (une personne, une association, ou les membres d'une caisse commune selon son règlement : voir Association d'intérêt général bénévole, § 2.7), qui la reçoit sous son propre régime et sur un compte à son nom. L'argent du collectif qui passe par le compte personnel d'un habitant lui sera imputé, et ce sera à lui de prouver qu'il n'est pas à lui (§ 2.7). Quatre combinaisons fréquentes illustrent cette règle.
1. La fête et la boutique de dons. Les habitants donnent leurs objets, leurs gâteaux et leurs créations à l'association. Celle-ci vend lors de ses six manifestations, et dans une boutique de dons soumise à la règle des 4 P (fiches 4.19 et 4.20).
- Risque : un habitant qui vend pour son propre compte sur le stand, ou un dirigeant qui vend ses services au public de l'association, ce qui rend la gestion intéressée125.
2. La récolte indivise. Quelques habitants propriétaires d'un verger indivis en vendent les fruits et se partagent la recette au prorata de leurs droits (fiche 4.23).
- Risque : acheter des fruits pour compléter, transformer au-delà des biens indivis, ou signer les contrats au nom de tous avec un compte commun des recettes. Ce sont les indices d'une société de fait qu'a examinés le Conseil d'État : l'indivision seule n'y suffit pas, mais en cas de co-exploitation le seuil du régime micro s'apprécie sur le chiffre d'affaires total, pas sur la part de chacun137137. CE, 14 nov. 2025, n° 495516..
3. Les services entre habitants. Échanges de temps, cours, chantiers (fiches 4.9, 4.10, 4.17).
- Risque : un coup de main qui devient « un mode régulier de fonctionnement »30 ; un logement fourni contre du travail, qui fait un salaire en nature (Bénévolat et récolte).
4. Les charges du quotidien. Les habitants versent une participation à l'eau, à l'énergie et aux courses communes. Tant qu'elle suit les charges réelles et que chacun consomme sa part, c'est un partage de frais (fiches 4.11 et 4.12).
- Risque : une somme fixe qui dépasse durablement les charges se lit comme un loyer ; un excédent qui reste dans la caisse sort du partage de frais.
Le découpage artificiel. Répartir une même activité entre plusieurs habitants ou plusieurs associations pour rester sous les seuils expose à l'abus de droit. L'administration peut écarter les actes qui « n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales »138138. Livre des procédures fiscales, art. L. 64., ou dont c'est le « motif principal »139139. Livre des procédures fiscales, art. L. 64 A.. Le juge pénal et l'Urssaf, eux, regardent l'activité réelle. Une répartition n'est opposable que si elle correspond à une réalité : des biens distincts, des décisions distinctes, des recettes distinctes.
Les pièces qui protègent l'ensemble, confiées à au moins deux personnes pour qu'elles survivent au départ de celle qui les tient : un relevé des ventes par titulaire, le décompte des manifestations et des buvettes, des statuts qui prévoient les ventes, une convention d'indivision écrite ; et aucune remise, aucun prix, aucune priorité liés aux heures données.
Pour les autres voies, voir Voies communautaires et OACAS et communautés.
7. Ce qui n'existe pas en France, et ce qui existe ailleurs
Ce qui n'existe pas. Le droit français ne connaît :
- ni statut de vendeur occasionnel, ni statut de producteur amateur ;
- ni franchise générale des revenus accessoires, puisque le plancher de 305 € des micro-régimes n'en est pas une : les recettes se déclarent ;
- ni indemnité forfaitaire du bénévole ;
- ni salariat associatif exonéré de cotisations.
Les propositions écartées. Le rapport Terrasse a refusé en 2016 tout seuil chiffré, qui « interdirait aux organismes sociaux de requalifier des situations de dissimulation d'activité évidentes »140140. P. Terrasse, Rapport au Premier ministre sur l'économie collaborative, février 2016, § 4.2.. Un groupe de travail de la commission des finances du Sénat avait proposé en juillet 2015 un abattement de 5 000 € sur les revenus tirés des plateformes, que le rapport Terrasse a écarté140. Le Sénat a proposé en 2017 un abattement de 3 000 € sur les revenus déclarés par les plateformes11. Sénat, rapport d'information n° 481, « La fiscalité de l'économie collaborative.. Il l'a voté le 24 novembre 2017 contre l'avis du Gouvernement, qui y voyait des « différences de traitement injustifiées »141141. Sénat, compte rendu analytique de la séance du 24 novembre 2017.. L'Assemblée nationale ne l'a jamais retenu.
| Pays | Dispositif | Montant 2026 | Ce qu'il vise | Au-delà |
|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | trading allowance142142. Royaume-Uni, Income Tax Act 2005, s. 783AD. | 1 000 £ de recettes | toute activité commerciale ou occasionnelle | forfait de 1 000 £ au lieu des frais réels |
| Allemagne | Übungsleiter- et Ehrenamtspauschale143143. Allemagne, Einkommensteuergesetz, § 3, n° 26 et 26a. | 3 300 € et 960 € | activités accessoires au service d'un organisme d'utilité publique | seul l'excédent est imposé |
| Italie | prestazioni occasionali144144. Italie, décret-loi n° 50 du 24 avril 2017, art. 54-bis. | 5 000 € par travailleur, 2 500 € par couple travailleur-utilisateur, 280 h | petit travail déclaré, cotisé par celui qui paie | contrat à durée indéterminée |
| Belgique | loi de 2018 (6 000 € exonérés) | annulée en entier le 23 avril 2020145145. Cour constitutionnelle de Belgique, arrêt n° 53/2020 du 23 avril 2020. | revenus complémentaires | — |
| Belgique | économie collaborative et travail associatif146146. ONSS, « Travail associatif » et FAQ. | plafond commun de 7 890 € (revenus 2026, montant tiré d'un guide privé) ; 300 h ou 450 h | services via une plateforme agréée ; contrat de travail associatif | tout devient revenu professionnel |
Ces exemples montrent trois choses :
- ce qui a tenu est soit étroit (le bénévolat d'utilité publique allemand), soit simple (1 000 £) ;
- ce qui a été annulé est l'exonération totale, d'impôt et de cotisations, de revenus « complémentaires » ;
- le petit travail passe partout par un emploi déclaré, en Italie comme avec le Cesu français.
Les propositions françaises de 2015 à 2017 visaient les revenus tirés des plateformes1,140. Aucune de celles lues ici ne visait l'entraide non marchande hors agriculture, alors qu'un modèle existe en droit agricole : l'entraide, gratuite et non salariale par la loi136.
8. Ce qui change en 2026
- Artisanat : le Code de l'artisanat (L. 111-1, R. 111-1) remplace l'art. 19 de la loi n° 96-603.
- Déballage : plus de déclaration préalable en mairie pour l'organisateur (loi n° 2026-403) ; le registre des vendeurs est déposé en mairie sous huit jours.
- Chambres louées chez soi : l'exonération du CGI, 35 bis, prend fin au 31 décembre 2026.
- Micro-régimes : 83 600 €, 203 100 € et micro-BA 129 200 € pour les années 2026 à 2028, incorporés au CGI par le décret n° 2026-562 ; le seuil de 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé est inchangé.
- Prélèvements sociaux : CSG à 10,6 % sur la plupart des revenus du patrimoine et de placement (loi n° 2025-1403, art. 12).
- Dirigeants d'association : tolérance des trois quarts du SMIC à 1 400,27 € par mois depuis le 1er juin 2026.
Ce qui reste incertain
- L'habitude. Aucune décision ne fixe de chiffre, ni pour la vente, ni pour le service, ni pour le prêt. Le petit service payé une seule fois n'a jamais été jugé.
- Le service occasionnel. Le fisc le traite comme un revenu déclaré sans statut, l'Urssaf comme une activité professionnelle à déclarer « dès le 1er euro ». Aucun texte ne tranche entre les deux.
- CGI 35 bis. La reconduction de l'exonération par amendement à la loi de finances pour 2027 reste possible. Il faudra la vérifier sur le texte promulgué.
- Le stand de surplus devant chez soi. C'est une vente au déballage, mais elle n'entre dans aucun cas prévu pour le particulier, et son régime n'a pas été jugé. Il en va de même pour la vente du surplus d'un jardin de moins de 5 ares : la tolérance fiscale la couvre-t-elle ?
- Le dispositif Cesu pour les cours ponctuels. Sa mise en service effective, son taux et le crédit d'impôt qui s'y attache n'ont pas été vérifiés.
- Les questions non jugées : la ressourcerie associative face au registre de police ; le groupement d'achat qui revend à prix coûtant ; l'outilthèque financée par cotisation ; la tontine rotative ; la cagnotte tenue par une personne pour un groupe.
- Les textes lus seulement à travers les sources du dossier : Code du tourisme (D. 324-13), Code de la santé publique (L. 3334-2, D. 4211-11), Code de la sécurité intérieure (L. 322-4), décret n° 2017-1049 sur la pratique amateur. L'absence de plafond de représentations pour un groupement d'amateurs repose sur le seul article 32 de la loi n° 2016-925.
- La responsabilité du vendeur amateur. La sécurité des aliments vendus, même à l'occasion, et la réparation d'un dommage causé par un objet fabriqué pour la vente ne sont pas traitées ici ; le régime des produits défectueux du Code civil ne vise que le producteur qui agit à titre professionnel (art. 1245-5).
- Ce que ce dossier ne traite pas encore : la gratuité organisée (zones de gratuité, boîtes à dons, repair cafés) ; l'accueil des personnes de passage (volontaires, wwoofers, résidences) ; les moyens de paiement (caisse en liquide, terminal, cagnotte en ligne ouverte au nom d'une personne) ; le prix libre dans les combinaisons du § 6 ; un cas réel enquêté ; un ordre de grandeur chiffré pour un lieu ; l'effet d'un petit revenu déclaré sur le RSA, la prime d'activité, les aides au logement et l'allocation chômage ; le coût de cotisations du palier 3 ; l'association employeur d'un habitant ; le cumul de plusieurs revenus du palier 2 chez une même personne ; un récapitulatif des pièces à tenir, avec qui les tient ; la généalogie de la micro-entreprise (loi n° 2008-776) ; les précédents français de reconnaissance de l'échange non monétaire.
- Les sources secondaires. Les montants belges de 2025 et 2026 viennent de guides privés. Le décret de 1938 sur les coopératives de consommation et la loi n° 91-772 n'ont été lus qu'à travers la doctrine administrative. L'affaire du SEL de l'Ariège, à l'origine des réponses ministérielles de 1998114,115, n'a pas été lue en source primaire.
Lexique
- Abus de droit — Acte fictif, ou acte qui n'a d'autre but, ou pour but principal, que d'éluder l'impôt ; l'administration peut l'écarter (LPF, L. 64 et L. 64 A).
- Acte de commerce — Acte que la loi répute commercial par nature, d'abord l'achat d'un meuble pour le revendre (C. com., L. 110-1). Un acte isolé reste commercial sans faire de son auteur un commerçant.
- AMAP — Association pour le maintien d'une agriculture paysanne : des consommateurs s'engagent à l'avance auprès d'un producteur ; l'administration la tient pour lucrative.
- Artiste-auteur — Auteur d'œuvres originales affilié au régime général et cotisant dès le premier euro, même à titre accessoire (CSS, L. 382-1 s.).
- Convention d'assistance bénévole — Contrat tacite créé par la jurisprudence pour l'aide gratuite entre particuliers ; l'aidé répare les dommages corporels de l'aidant.
- BNC — Bénéfices non commerciaux : catégorie d'impôt des professions libérales et de « toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits » sans autre catégorie (CGI, 92).
- Cesu — Chèque emploi service universel : le particulier employeur déclare et paie un salarié à domicile, avec une déduction de cotisations et un crédit d'impôt.
- Co-consommation — Partage des frais d'une prestation à laquelle participe celui qui la propose, sans bénéfice ; tolérance fiscale, non imposable.
- Commerçant — Personne qui accomplit des actes de commerce et en fait sa profession habituelle (C. com., L. 121-1).
- Cotisant de solidarité — Personne qui met en valeur une exploitation entre le quart de la SMA (ou 150 heures) et le seuil de chef d'exploitation ; le loisir privé en est exclu (C. rur., D. 731-34).
- CUMA — Coopérative d'utilisation de matériel agricole, réservée aux agriculteurs et aux personnes qui ont des intérêts agricoles (C. rur., L. 522-5).
- DAC7 — Directive européenne qui oblige les plateformes à déclarer au fisc leurs vendeurs et prestataires (CGI, 1649 ter A à C).
- Don manuel — Donation faite par simple remise d'une chose ou d'une somme, sans acte notarié ; taxable s'il est déclaré, reconnu en justice ou révélé (CGI, 757).
- Franchise — Seuil sous lequel un impôt n'est pas dû : franchise en base de TVA (CGI, 293 B), franchise des recettes lucratives accessoires d'une association (CGI, 206-1 bis, 261-7-1° b).
- Gestion intéressée — Contraire de la gestion désintéressée : dirigeants rémunérés au-delà de la tolérance ou de la loi, ou avantages, même indirects, tirés de l'association ; elle fait perdre l'exonération des impôts commerciaux (CGI, 261-7-1° d).
- Guso — Guichet unique du spectacle occasionnel : déclaration et paiement des cotisations d'un artiste par un organisateur dont le spectacle n'est pas l'activité principale.
- Indivision — Propriété d'un bien par plusieurs personnes, sans personne morale ; les fruits accroissent à l'indivision (C. civ., 815 s.).
- Manifestation de soutien — Fête, vente de charité, kermesse ou concert faisant appel à la générosité du public ; six par an sont exonérées pour un organisme sans but lucratif (CGI, 261-7-1° c).
- Régime micro — Imposition sur les recettes, diminuées d'un abattement forfaitaire d'au moins 305 € (micro-BIC, micro-BNC, micro-BA).
- Monopole bancaire — Interdiction, pour qui n'est pas établissement de crédit, de faire des opérations de crédit ou de recevoir des fonds remboursables du public « à titre habituel » (CMF, L. 511-5).
- PASS — Plafond annuel de la sécurité sociale : 48 060 € en 2026, 47 100 € en 2025.
- Présomption de but lucratif — Quatre cas où le but lucratif est présumé, sauf preuve contraire : publicité, fréquence ou importance, facturation absente, outillage professionnel pour l'artisanat (C. trav., L. 8221-4).
- Présent d'usage — Cadeau fait à l'occasion d'un événement, selon un usage, d'une valeur modeste au regard de la fortune du donateur ; il échappe aux règles des donations.
- Prêt à usage — Prêt d'une chose à rendre, « essentiellement gratuit » ; l'emprunteur peut en supporter les charges (C. civ., 1875 s.).
- Professionnel — Au sens du droit de la consommation, personne qui agit dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole ; une association peut l'être.
- Règle des « 4 P » — Produit, public, prix, publicité : grille fiscale qui dit si une activité associative en concurrence avec le marché reste non lucrative.
- Remise directe — Cession d'une denrée par son producteur directement au consommateur final, avec des règles sanitaires allégées (arrêté du 18 décembre 2009).
- RNE — Registre national des entreprises, où s'immatriculent commerçants, artisans, agriculteurs et indépendants (C. com., L. 123-36).
- Société en participation — Société sans personnalité morale, ni immatriculée ni publiée ; chaque associé contracte en son nom (C. civ., 1871 s.).
- SEL — Système d'échange local : groupement dont les membres échangent des biens et des services mesurés dans une unité propre, sans euros ; ces échanges sont des actes privés régis par le Code civil, selon le ministère.
- SMA — Surface minimale d'assujettissement à la MSA, fixée par département ; son quart ouvre la cotisation de solidarité.
- Société créée de fait — Société que des personnes forment sans l'avoir déclarée, par des apports, une collaboration à égalité et un partage des bénéfices et des pertes ; régime de la société en participation (C. civ., 1873).
- Travail dissimulé — Activité lucrative exercée sans les immatriculations ou déclarations obligatoires, ou emploi d'un salarié non déclaré (C. trav., L. 8221-3 et L. 8221-5).
Sources
- Sénat, rapport d'information n° 481 (2016-2017), « La fiscalité de l'économie collaborative : un besoin de simplicité, d'unité et d'équité », 29 mars 2017 : senat.fr, consulté le 2026-10-03.
- Cass. crim., 30 mars 2016, n° 15-81.478, publié : Juricaf, consulté le 2026-10-03.
- Code du travail, art. L. 8221-4 : Légifrance, LEGIARTI000006904818, consulté le 2026-10-03.
- Code général des impôts, art. 1649 ter C, II, 4° : Légifrance, LEGIARTI000044981549, consulté le 2026-10-03.
- Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 (LCAP), art. 32 : Légifrance, LEGIARTI000032855824, consulté le 2026-10-03.
- Code général des impôts, art. 35 bis (loi n° 2023-1322, art. 38) : Légifrance, LEGIARTI000048844016, consulté le 2026-10-03.
- Projet de loi de finances pour 2027, Assemblée nationale, n° 3210, enregistré le 1er octobre 2026 : assemblee-nationale.fr, consulté le 2026-10-03.
- Code de commerce, art. L. 110-1 : Légifrance, LEGIARTI000044072567, consulté le 2026-10-03.
- Code de commerce, art. L. 721-3 : Légifrance, LEGIARTI000044078679, consulté le 2026-10-03.
- Code de commerce, art. L. 121-1 : Légifrance, LEGIARTI000006219167, consulté le 2026-10-03.
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- Code rural et de la pêche maritime, art. L. 311-1 : Légifrance, LEGIARTI000038492093, consulté le 2026-10-03.
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- Code général des impôts, art. 293 B (loi n° 2025-127) : Légifrance, LEGIARTI000052488142, consulté le 2026-10-03.
- Urssaf, « Économie collaborative », mise à jour du 27 mars 2023 : urssaf.fr, consulté le 2026-10-03.
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- BOI-BAREME-000044 (19 août 2026), seuils des régimes d'imposition BA, BIC, BNC : BOFiP, consulté le 2026-10-03.
- BOI-BA-CHAMP-10-10-10-20220406, § 10 et 20 : BOFiP, consulté le 2026-10-03.
- Code général des impôts, art. 64 bis : Légifrance, LEGIARTI000044978423, consulté le 2026-10-03.
- Code rural et de la pêche maritime, art. D. 731-34 : Légifrance, LEGIARTI000030377109, consulté le 2026-10-03.
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