Communauté intentionnelle
La Colonie de Condé-sur-Vesgre
Épreuve
Avant 1901, la liberté d'association n'existe pas en France : la porte P1 était juridiquement indisponible. Ce cas est lu avec la grille, mais son échec en P1 est d'abord un fait d'époque.
Première tentative fouriériste (1832) sur 460-480 ha apportés ou achetés par J.-A. Devay et A. Baudet-Dulary, portée par une société anonyme par actions ; liquidée le 24 avril 1836, les terres retournant à leurs propriétaires. Après la Société des Cartonniers (1846-1859), le Ménage sociétaire, locataire depuis 1850, rachète en 1860 un domaine de 34 ha et le place dans une société civile immobilière à parts. Le lieu existe toujours : une association loi 1901, le Ménage sociétaire, y réunit des familles sociétaires qui l'occupent surtout en fin de semaine et en vacances.
Les cinq portes
- P1Non franchie · Forme civile
Société anonyme par actions (1832), puis société civile immobilière à parts (1860) versant un dividende (10 F par part en 1870) ; parts de société civile cessibles (art. 1861 C. civ.). Maillon faible : le porteur du foncier.[2] - P2Non franchie · Foncier verrouillé
Aucune inaliénabilité : terres rendues aux propriétaires en 1836, dissolution forcée de la Société des Cartonniers et mise en vente en 1859 ; depuis 1860 propriété d'une société à parts.[2] - P3Non franchie · Usage d'intérêt général
Usage résidentiel et de loisir des membres (week-ends, vacances) : cercle restreint.[3] - P4Partielle · Autogestion
Assemblée générale des sociétaires (1860) et statuts donnant « une importance égale à tous les sociétaires » ; mais droits liés à la détention de parts, et fonctionnement actuel non documenté.[2] - P5Franchie · Établi
Usage continu par le Ménage sociétaire depuis 1850 (locataire) puis 1860 (propriétaire via la SCI) ; rupture 1836-1840 après la liquidation initiale.[2]
Chronologie
- 1832Souscription du journal Le Phalanstère ; fondation de la Colonie sociétaire sur 460-480 ha (société anonyme au capital de 1 200 000 F).[2]
- 183624 avril : dissolution ; les terres retournent à Devay et Baudet-Dulary.[2]
- 1846Baudet-Dulary détache 34 ha ; Société des Cartonniers ; bâtiment principal achevé en 1848.[2]
- 1850Des sociétaires prennent la propriété à bail et fondent le Ménage sociétaire.[2]
- 1859Dissolution forcée de la Société des Cartonniers (tribunal de Mantes) ; mise en vente.[2]
- 1860Acquisition des 34 ha par le Ménage sociétaire (22 juillet) ; société civile immobilière (statuts du 11 novembre).[2]
- 1870327 parts de 200 F détenues par 120 actionnaires, dividende de 10 F par part.[2]
Prismes
| Accès au lieu | Achat collectif[2] 1860 : acquisition du domaine de 34 ha par quatre sociétaires « agissant au nom de leurs amis », financée par le capital souscrit (parts). En 1832, apport de terres par Devay et achat par Baudet-Dulary. |
|---|---|
| Titre d'usage | non établi[3] Titre d'usage de l'association vis-à-vis de la société civile propriétaire non documenté publiquement. |
| Verrou | Aucun[2] Aucun verrou connu : statuts de 1860 rédigés pour « donner des garanties exceptionnelles aux capitaux engagés » ; parts émises par émissions successives. |
| Gouvernance | non établi[3] Organes attestés (administrateur, syndicat, comité) ; répartition réelle des pouvoirs non documentée publiquement. |
| Économie des personnes | Revenus individuels externes[3] Déduit : propriété occupée « essentiellement pendant les week-ends et vacances » ; en 1860 les recettes venaient des loyers payés par les sociétaires (7 F/m²). |
| Ouverture | Cercle restreint[3] Occupation par les membres de l'association ; archives réservées « aux colons et à leurs amis ». |
| Finalités | Habitat, Agriculture[2] Habitat commun (Ménage sociétaire) ; finalité agricole seulement dans l'épisode 1832-1836. |
| Filiation | Socialisme utopique[1] Fondée sur les idées de Charles Fourier. |
| Rapport à l'État | non établi Aucune source. |
| Échelle | 10 à 50[1] Une quinzaine de familles sociétaires depuis 1860 (effectif actuel non publié) ; 60 colons et environ 150 ouvriers en 1833. |
| Transmission | Générations renouvelées[1] Familles sociétaires qui se perpétuent depuis 1860 ; site actuel édité par le Ménage sociétaire. |
| État | Actif[3] Association active, site la-colonie.org. |
Fiabilité
Établi par les sources
- Chronologie 1832-1878 (Duizabo 2003, d'après le rapport Morellet de 1870).
- Association loi 1901 éditrice du site (mentions légales).
- Domaine actuel de 35 ha (site officiel).
Non confirmé
- Que la SCI de 1860 soit encore le porteur du foncier aujourd'hui (le site évoque « deux structures juridiques » sans les nommer).
- Régime actuel de cessibilité des parts (clause d'agrément ?).
- Surface : 460 ha selon Wikipédia, 480 ha (109 + 351) selon Duizabo pour 1832.
Sources
- Wikipédia, La Colonie (Condé-sur-Vesgre), 2025.
- Danielle Duizabo, Chronologie colonienne, 1832-1878, 2003.
- Ménage sociétaire de La Colonie, La Colonie de Condé-sur-Vesgre (accueil, « Un mode de vie original », mentions légales), 2024.